Interview de Marie-George BUFFET (1ère Partie)
Extrait de Sept femmes au coeur de la tourmente. Quand l'Histoire s'écrit au féminin
(éditions Médicis Albin Michel.)
Ma rencontre avec Marie-George BUFFET :
La perspective de rencontrer Marie-George Buffet n'est pas sans conséquence sur les questionnements qui occupent l'actualité quant à l'avenir du Parti Communiste.
Mais au-delà des images préconçues, distillées à foison pour donner à voir sur ce que l'on ne croyait pas savoir, c'est la passion de cette femme qui m'a touché.
Il est sûr que le cadre ne prête ni aux confidences, ni à l'intimité, puisqu'il s'agit de l'antre du PC, place du colonel Fabien.
Encore une fois, ce n'est pas le contexte qui va prévaloir, mais bien une relation d'échanges sincères, pour me rappeler, s'il le fallait, que ces femmes là sont définitivement là où on ne les attend pas.
Marie-George Buffet a du temps à me consacrer, même si son planning est plutôt chargé, en ce moment.
Elle est disponible, pleine d'humour, enthousiaste et surtout à l'écoute.
Si je devais mettre en avant ce qui m'a saisi dans sa personnalité pendant cet entretien, c'est qu'elle donne l'impression d'une femme épanouie, authentique avec l'autre, bien loin de l'image que j'avais d'une dirigeante communiste !
Son bureau est à son image d'ailleurs, chaleureux, après le froid glacial que l'on ressent à traverser le hall de béton de cette puissante infrastructure, à l'image de ce qu'a été le communisme d'ailleurs, quel soulagement.
On entre dans un autre temps, où une femme au pouvoir et de pouvoir vous invite à la suivre de la manière la plus élégante qui soit et quelle femme, me direz-vous !
Je me surprends à oublier que cette femme vis une crise interne à son parti, pour ne m'attacher qu'à ce qu'elle veut bien me renvoyer, oui c'est un tournant majeur à négocier dans son histoire, mais c'est une femme en mouvement qui le négocie…
Sandrine Dury : Je voudrais savoir ce qu'implique pour vous l'engagement dans la vie de la cité, au niveau politique, dans votre rapport au monde et aux autres.
Marie-George Buffet : Je me suis engagée par rapport à un vécu, une impression de subir moi-même quelque part des choses injustes. Aussi le besoin d’une vision du monde. Il y avait à la fois la révolte entre un vécu et puis ce rêve de la paix au Vietnam, c'est l'époque de Ferrat. Il y a une forme de non acceptation d'une situation. Et puis, l'envie de changer le monde. A cette époque on rêvait encore beaucoup, les jeunes n'ont plus cette chance aujourd'hui.
S.D. : Est-ce qu'à la base, cela a impliqué une différence de parcours en tant que femme ?
M.G.B. : Le fait que je sois une femme ?
S.D. : Oui.
M.G.B. : Oui, je le pense profondément. Peut-être un peu moins maintenant et encore je n'en suis pas sûre, mais dans les années 70, quand je me suis engagée, que j'ai pris des responsabilités, oui. On se pose des questions, il y a un doute à priori. Ça reste l'image dominante dans la société.
Donc, on vous demande de faire plus vos preuves qu'à un homme, encore aujourd'hui.
J'en suis certaine et vous avez une auto-culpabilisation, sur deux aspects.
Il y a quand même un regard dominant, sur l'incompétence supposée, vous n'êtes pas sûre de vous, et donc vous êtes toujours en doute.
Cela peut être d'ailleurs un atout, je le vois comme ça. Et puis, il y a une culpabilisation, par rapport à ce qui fait, quand même, une part importante de la vie de femme, c'est-à-dire votre compagnon ou vos enfants.
J'ai été frappée par exemple, que, y compris parmi les camarades, donc pas des gens qui voulaient me faire du mal, on me pose cent fois dans ma vie, la question : "Mais comment fais-tu avec tes enfants ? Tes enfants ne sont pas trop pénalisés ?" Etc.
Personne ne s'interroge pour savoir si l'absence de l'homme à la maison pénalise les enfants. Et cela crée un rapport aux enfants, différent, s'il y a un problème avec eux, vous pensez immédiatement que vous en êtes la responsable, parce que vous ne leur avez pas consacré assez de temps. Et c'est accentué pour des gens qui ont des vies engagées, donc qui s'absentent le soir, qui ne sont pas là les week-ends.
Par rapport à ça, vous avez deux réactions possibles : Vous avez des femmes qui deviennent des hommes, je ne sais pas comment le dire autrement, qui épousent complètement les comportements des hommes en politique, etc.
Moi, j'ai toujours refusé ça.
Mais, je crois que c'est encore vrai de façon dominante, maintenant. Peut-être moins d'ailleurs dans les milieux socio-économiques que dans les milieux politiques, associatifs, ou dans certains domaines d'activité comme le sport où cela reste très fort.
Je ne suis pas étonnée d'ailleurs, qu'un des angles d'attaque que j'ai subi l'année dernière et cette année, était, elle n'a rien à dire, elle n'aurait pas d'apport théorique. A priori une femme n'a pas d'apport théorique, elle est courageuse, elle est concrète, et c'est tout.
Dans le sens où on reconnaît que je suis capable de diriger, de faire des choses, mais la pensée c'est un domaine masculin réservé.
S.D. : Vous l'avez senti, et est-ce encore d'actualité ?
M.G.B. : Oh oui, oui.
S.D. : Il n'y a pas eu d'évolution ?
M.G.B. : Très peu. Il y a eu des évolutions, des acquis concrets. Bien sûr. On voit bien, par exemple, que pour les femmes qui n'ont pas encore accès à la contraception, ni à l'IVG, quel est leur niveau de vie.
Mais dans les milieux professionnels… regardez, il y a encore des écarts de salaires, ça n'a pas bougé de puis vingt ans.
Et vous n'avez pas plus de femmes à l'Assemblée nationale, ou alors ça se joue sur une ou deux, depuis la libération.
Là où il n'y a pas de contraintes fortes, avec la loi, ça n'a pas bougé. Sur le partage du temps domestique, ça a évolué de quelques minutes.
C'est assez impressionnant d'ailleurs, qu'il y ait eu aussi peu d'évolution sur une question telle que celle-ci.
Il y a eu des luttes, elles sont insuffisantes aujourd’hui. Les mouvements féministes ne concernent pas assez de femmes.
S.D. : C'est presque tabou aujourd'hui, de se dire féministe.
M.G.B. : Maintenant, dans notre parti, c'est une formulation qui est couramment employée.
Mais, je me rappelle, au début des années 90, il a fallu vraiment qu'on avance sur l'idée, que l'on pouvait être communiste et féministe. D'ailleurs nous avons fait un colloque sur "Communisme et féminisme".
On était communiste et on défendait les droits des femmes, et ça c'est vrai depuis toujours. Nous étions un parti extrêmement engagé sur cette question.
Nous avons la parité dans les instances… parce que l'on a pris des mesures concrètes dans les statuts.
A-t-on tout réglé dans les têtes, je n'en suis pas sûre.
La parité est-elle vécue comme un plus ou est-elle vécue comme une contrainte qu'il faut bien appliquer parce qu'on l'a adopté dans les statuts ? Il faudrait y regarder de plus près.
S.D. : A votre avis ?
M.G.B. : Non, je crois que c'est encore mal accepté, même s'il y a beaucoup de camarades qui pensent que c'est un plus, il y en a encore une partie qui pense que ça nous oblige à sortir des hommes compétents. (Rires).
S.D. : Est-ce que votre position actuelle, du fait de la médiatisation, a changé quelque chose dans l'image que l'on perçoit de vous ?
M.G.B. : C'est évident que ce qui c'est passé au ministère, la médiatisation fait que je suis connue, ce qui est différent de 1997 où personne ne pouvait dire qui était Buffet.
On connaît ma détermination. C'est un terme que l'on emploie beaucoup pour les femmes.
Détermination, courage, femme de terrain.
Donc, face à la loi de l'argent dans le sport, face au dopage, face à tout ça, sur la question du sport féminin, des clubs…
Tout le monde reconnaît qu'il y a eu des travaux de fait.
Donc, cela fait que je n'ai pas à faire mes preuves sur ces domaines-là. Mais reste l'idée que, parce que je suis une femme, je n'aurai pas le même apport au niveau du discours.
Et le discours est quelque chose qui a une place considérable dans la vie publique française.
Le discours au sens, maniement des idées, paraître dans le discours, la brillance dans le discours…
S.D. : On vous l'a fait sentir ?
M.G.B. : Il y a eu des articles, certains se sont demandés si j'avais des idées, des compétences. Une fois dans Libération, un article disait : "Elle cherche sa ligne".
Je ne sais pas si vous vous rappelez, j'avais été frappée quand j'étais militante, déjà à l'époque, et je m'en souviendrais tout le temps, quand Edith Cresson, première femme, Premier ministre et la seule d'ailleurs, avait fait son discours d'investiture à l'Assemblée nationale. Les commentaires n'avaient pas porté sur le contenu mais sur la tonalité de sa voix et son habillement…
S.D. : C'est quelque chose qui est encore très présent à l'heure actuelle.
M.G.B. : Oui, je crois, d'ailleurs rappelez-vous le fameux tailleur rose…
Donc, il y a encore ce rapport à la femme, qui est un rapport quand même sur son physique, sur son apparence.
Et puis, je vous dis le courage, la détermination, le concret, c'est ce qui nous est reconnu.
Mais reste comme un apport masculin, la pensée, et l'exercice du pouvoir quand même dérange quelque part en France. On dérange, car le pouvoir s'est construit entièrement au masculin, la vie fait que, dans toutes ces zones de pouvoir, quand une femme arrive, elle prend la place de.
C'est vécu comme prenant la place de, et si vous cherchez bien, je crois que c'est ça, qui doit être au cœur de ce doute sur la place des femmes avec des responsabilités.
Regardez, j'ai toujours été étonnée, chaque fois je ris beaucoup mais, ça ne choque personne, nulle part de voir par exemple dans un restaurant, trois hommes attablés qui discutent affaires, trois hommes attablés à la buvette de l'Assemblée nationale, c'est normal. Si le hasard fait que, vous avez trois femmes attablées, il y a toujours un homme qui rentre et dit : "Ah, vous vous êtes mises ensembles les femmes, vous vous êtes regroupées…"
C'est-à-dire qu'il y a toujours cette crainte que… vous savez comme pour les rassemblements, plus de trois femmes ensembles, qu'est-ce que ça cache, pourquoi ?
Par contre, pour des hommes, c'est normal.
Quelque part c'est nouveau, donc ça dérange, ça inquiète… c'était une chasse gardée.
Je pense que c'est peut-être ressenti comme une menace, une inquiétude quand même.
Parce que l'on est différents, et eux étaient ensembles, dominants, et cette différence arrive et rentre dans le cercle malgré tout. Ça fait toujours penser aux fameux cercles d'hommes dans le temps, ou les loges, tous ces lieux de pouvoir, tous ces lieux de décision, réservés aux hommes.
Penser qu'en France, il faut attendre la libération pour que les femmes aient le droit de vote, c'est quelque chose de…
En Egypte, elles l'avaient déjà depuis longtemps.
C'est bien quand même que, quelque part, on gênait.
Si vous voulez rire, il faudrait relire, le recueil publié par un parlementaire de droite des citations des débats au Sénat et à l'Assemblée, entre 1928 et 1938, chaque fois qu'un député s'avisait de présenter un projet de loi sur le fait que les femmes soient électrices et éligibles. Alors, il faut voir ça. Les argumentaires étaient qu'elles vont apporter la passion et l'irraison dans le débat politique. Bel argument.
C'était un pan de l'attaque, et le deuxième pan : elles vont sortir de la sphère familiale et donc ça allait jusqu'à la caricature d'un sénateur qui disait qu'elles vont devenir stériles, jusqu'à ce qui était le plus porté, qui était qu'elles allaient devenir femmes légères.
C'est extraordinaire, on y rit beaucoup et puis ça vous montre, quelque part que ces caricatures qui correspondaient à l'époque, subsistent de façon beaucoup plus corrigées, voilées, aujourd'hui.
L'idée un peu quand même que : est-ce que c'est bien sérieux, toutes ces femmes en politique ? Je crois que ça doit rester quelque part, dans la frange la plus conservatrice, de notre société. L'idée que quand même, la famille sans la femme !
Regardez, quand vous êtes dans un quartier, si vous voyez une femme dans la journée, le premier réflexe, ce n'est pas de penser qu'elle est au chômage, mais qu'elle s'occupe de sa maison et de ses enfants.
Si vous allez à la porte d'une école à 16 heures, il y a des mamans, personne ne se pose la question de savoir, si elles ont fait le choix ou non, d'être à la maison.
Vous voyez un papa qui vient chercher ses enfants, automatiquement, vous vous posez la question de savoir s'il est au chômage.
Il y a toujours…
S.D. : Une place où l'on doit se trouver.
M.G.B. : Oui, toujours.
Vous n'avez pas… bon, il y a les Chiennes de Garde qui viennent sur des choses très précises.
Mais vous n'entendez pas trop parler de cela. Alors, est-ce que l'on s'est lassé, nous les femmes, d'en parler ?
Je me sens vraiment féministe. Je sais que pendant cinq ans, je ne me gênais plus à la fin, dès qu'un maire commençait un discours en disant : "Madame le ministre", je lui disais "la", j'obligeais le maire à se reprendre.
Et je me suis aperçue, là, aux questions d'actualités, que, ça y est, le masculin est revenu.
S.D. : C'est vrai, on a l'impression que ça a été une mode, à un moment, il fallait en parler et c'est déjà passé.
M.G.B. : Pourtant on s'est battues, nous les femmes ministres, dès la première semaine en 1997, et on s'est battues, jusqu'au bout.
Ca y est, le "le" est revenu. Les ministres disent "Madame le député".
Alors, vous allez me dire, c'est rien, oui, c'est rien, tout est rien.
Mais à force de rien…
Je veux dire, quand vous prenez les conseils municipaux, on a fait la parité avec la loi, aujourd'hui plus personne ne pense à la contrainte et tout le monde s'en porte bien, et les femmes occupent une place importante, et je crois qu'il faut une loi contraignante au niveau de l'Assemblée nationale. Il faut des lois contraignantes au niveau, y compris des distinctions.
J'étais étonnée, quand nous faisions une demande de croix, de légion d'honneur, le mal que nous avions de la part de la Chancellerie à obtenir qu'une femme soit décorée.
On a un peu augmenté, parce qu'il y avait une volonté commune à la fois du Président de la République, du Premier ministre et des ministres, on est arrivé je crois à 30% de légions d'honneur. Mais si vous voulez, d'abord il y a plus de demandes qui viennent des hommes, les femmes demandent rarement une médaille. Ce n'est pas dans leur nature.
Je disais souvent aux maires, vous ne proposez que des hommes. Mais oui, mais les hommes étaient présidents de clubs, ils étaient ceci, ils étaient cela, et je leurs disaient mais la bénévole qui depuis trente ans est trésorière, nettoie les maillots, etc. Quand on présentait à la chancellerie, une femme qui avait été infirmière pendant la guerre, qui depuis se dévouait dans l'association Quart-monde, elle n'était pas très intéressante, mais le monsieur qui était vice-président de la ligue "truc" était tout à fait passionnant.
Les critères ne correspondent pas.
Moi, je ne suis pas pessimiste au sens où je sens bien qu'on a marqué des points, évidemment, je vois bien comment sont nos filles, mais tout cela est très fragile et très long.
S.D. : Vous pensiez que ça prendrait autant de temps quand vous avez commencé ?
M.G.B. : Non, je ne le pensais pas, par exemple, encore tout récemment qu'on ait un tel échec de la loi sur la parité au niveau de l’Assemblée nationale.
Je pensais quand même que les grands partis, malgré le fait qu'ils aient bien sûr la solution de payer l'amende, devant la popularité de cette loi, essayeraient de l’appliquer.
S.D. : Vous en avez été surprise ?
M.G.B. : Oui, que l'on aboutisse à ce chiffre !
Parmi les échecs de la gauche, c'en est un. Je n'imaginais pas à ce point-là.
Je pensais qu'ils tiendraient plus compte de l'opinion publique.
Puis ensuite, il y a les effets secondaires, les cas collatéraux, à force de culpabiliser les femmes, ou de créer un sentiment d'incompétence, ou d'être en minorité, beaucoup de femmes maintenant disent non.
Elles ne veulent pas être candidates.
C'est pour ça que le nombre a de l'importance. C'est pour cela que j'ai toujours été pour la parité.
On nous disait, ce n'est pas juste de faire une loi, il faut que les femmes soient reconnues pour leurs compétences, pas par la contrainte.
Mais quand on est en nombre, le rapport n'est pas le même.
Quand je dis contrainte, il ne faut pas exagérer, par la loi bien sûr, la loi et le règlement.
S.D. : Vous qui avez justement évolué pendant un certain temps dans le monde du sport, qu'est-ce que vous pourriez en dire ?
M.G.B. : C'est un monde qui n'est pas pire que les autres, il ne faut pas caricaturer.
C'est un monde équivalent au monde politique, pendant des décennies, les grandes fédérations nationales, internationales, le monde olympique ont été à 80% composés d'hommes.
Encore aujourd'hui, nous avons trois présidentes de fédérations en France, dont une seule de fédération olympique.
Et puis après, il y a la reconnaissance des sports. Les femmes sont reconnues dans les sports qui dès le début ont été des sports mixtes, ou le sont très vite devenus.
L'athlétisme n'a pas été tout de suite un sport mixte, et le saut à la perche est très récent.
Ou les sports comme le tennis, il y en a quelques uns comme ça où les championnes, les athlètes sont reconnues. Mais là où les femmes ont voulu pénétrer des sports qui étaient construits au masculin, je prends le rugby, le football, les sports collectifs en général, mais surtout le rugby et le football, après cinq ans de bagarre, on commence à parler de l'équipe de rugby féminine, qui a de bons résultats. J'ai vu les premières images de l'équipe de football féminine. Pour l'instant nous n'avons pas de retransmission, seulement un premier match entier lors de la coupe du monde en Allemagne.
Mais, vous vous rendez compte, on est au XXIème siècle, et elles ont été championnes d'Europe, qualifiées pour la coupe du monde, et il a fallu quand même que les handballeuses arrivent en quart ou demi-finale de la coupe du monde de handball, et on a même pas acheté les droits. Donc, il a fallu que France-télévision achète d'urgence les droits à une petite chaîne.
Donc, on avance très lentement, peut-être est-ce parce que l'on ne se fait plus assez entendre.
S.D. : Vous pensez que ça va en défaveur des femmes, qu'il n'y ait plus de groupes, de revendications… ?
M.G.B. : Et bien, il ne faudrait pas que l'on s'habitue à cette situation. On a connu une période de conquêtes, les suffragettes, la maîtrise du corps, la lutte contre le sexisme, maintenant il y a condamnation pour sexisme quand même, enfin tous ces acquis, les premiers acquis de la parité, les lois sur l'égalité professionnelle, alors elles ne portent pas leurs effets vraiment, donc il faudrait y retravailler encore.
Les femmes sont beaucoup dans la lutte associative, on a fait une soirée sur la prostitution, extraordinaire, ici au CN, contre le proxénétisme, etc.
Mais, après quand on arrive aux responsabilités nationales, on sent bien que là ça bloque. Ça n'avance pas.
On veut bien qu'on règle nos problèmes de maîtrise du corps, c'est-à-dire ce qui est à nous et ce qui dépend de nous, on veut bien qu'on ait des machines les plus performantes, pour la sphère domestique, on veut qu'on ait des gardes d'accueil pour nos enfants, on veut bien tout ça.
Mais là où ça bloque, je reviens au pouvoir, c'est quand on pénètre la sphère du pouvoir.
[Suite voir Partie 2]