Article pour"Enfant Magazine": les réunions Frères et Soeurs
Article Enfant Magazine sur Les réunions frères et sœurs en maternité par Gilles Donada.
Pour Sandrine Dury, psychanalyste à la maternité, ces réunions permettent aux enfants «de communiquer par le dessin et de transformer une situation où ils étaient passif, en acteurs. C’est-à-dire d’exprimer et de partager des sentiments, parfois hostiles, mais toujours structurants, sur la place qu’ils vont devoir accorder à cet enfant à naître. Ici, ils découvrent qu’il ne sont pas les seuls à ressentir cela, à travers le regard des autres enfants.»
La psychanalyste qui a étudié la relation mère-enfant, relève avec attention les dessins réalisés par les enfants au cours de la rencontre. Elle évoque celui d’une petite fille s’était représentée dans le ventre de son père, à côté de sa mère enceinte.
« Elle voulait attirer l’attention sur elle, sur la place qu’elle occupe au sein de la famille. Il fallait combler d’une façon ou d’une autre l’espace déjà pris par le bébé dans le ventre de maman. Autant aller chez papa qui, lui, a de la place pour elle. Elle représente ainsi la séparation d’avec la mère.
Pour l’aîné, c’est le désir de la mère qui fait exister cet enfant à venir, dans le sens où il se demande ce que sa maman peut bien vouloir aller chercher ailleurs, puisqu’elle l’a déjà lui.
Pour l’enfant, c’est le langage qui le place dans le discours de la mère et ce qui va opérer dans la relation mère-enfant, c’est le manque à partir duquel il pourra se constituer comme autre dans le couple qu’ils forment.
Un petit garçon de 3 ans et demi n’avait pas beaucoup parlé durant la rencontre, mais, un mois après, sa maman affirme qu’il s’est « beaucoup apaisé ». La perspective de l’arrivée d’une petite sœur l’avait rendu « pas très content ». « Je ne veux pas du bébé, jette-le ! », disait-il à sa mère qu’il accompagnait, pourtant, à chaque visite de contrôle et aux échographies. Quelques jours après la réunion à la maternité, il a expliqué à sa mère : « Quand le bébé sera là, je devrai appeler la sage-femme ». Depuis, il est devenu plus câlin avec sa maman, qui s’est d’ailleurs arrêtée de travailler pour s’occuper plus de lui. « Nous avons préparé la chambre du bébé ensemble, raconte-t-elle, il est allé chercher des jouets et son pyjama pour lui prêter ! Il vient souvent embrasser et caresser mon ventre. Il parle à sa petite sœur et me répète tout le temps : « Je veux que bébé sorte ». »
Un petit garçon de 3 ans et demi n’avait pas beaucoup parlé durant la rencontre, mais, un mois après, sa maman affirme qu’il s’est « beaucoup apaisé ». La perspective de l’arrivée d’une petite sœur l’avait rendu « pas très content ». « Je ne veux pas du bébé, jette-le ! », disait-il à sa mère qu’il accompagnait, pourtant, à chaque visite de contrôle et aux échographies. Quelques jours après la réunion à la maternité, il a expliqué à sa mère : « Quand le bébé sera là, je devrai appeler la sage-femme ». Depuis, il est devenu plus câlin avec sa maman, qui s’est d’ailleurs arrêtée de travailler pour s’occuper plus de lui. « Nous avons préparé la chambre du bébé ensemble, raconte-t-elle, il est allé chercher des jouets et son pyjama pour lui prêter ! Il vient souvent embrasser et caresser mon ventre. Il parle à sa petite sœur et me répète tout le temps : « Je veux que bébé sorte ». »
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